Fontaine de Nevers vers, 1680.

 

Au XVIIème siècle les fabriques de porcelaine à Nevers comptait six manufactures, c’était le commencement d’un des plus grands centre de céramiques français.
La manufacture Conrade la plus ancienne fondée vers la fin du XVI siècle, par trois frères originaires d’Albissola près de savone en ligurie.
La manufacture Custode dite ” de l’autruche” fondée par des ouvriers Italiens arrivés au début du siècle. La manufacture du “bout du monde” ouverte vers le milieu du siècle, par Barthlémy Bourcier attesté depuis 1634.
La manufacture de Nicolas Estienne à l’enseigne de l’ecce homo et, enfin la manufacture Deselle fondée vers 1600.

IL est bien difficile d’attribuer avec exactitude notre fontaine à l’une de ses manufactures.
Cependant la qualité de son décor démontre une certaine virtuosité de ses fabriques Nivernaises qui furent les premières en France, à adapter la terre au grand style Louis-quatorzien et, à le transporter en art de Cour.
La rareté de ses pièces en céramiques sont les seules subsistantes, qui puisse évoquer la grande orfèvrerie française du XVIIème siècle.
Louis XIV avait à partir de 1675 pour son Trianon de porcelaine, commandé plusieurs pièces en céramiques à décor oriental bleu et blanc.
IL ne fait aucun doute que les modèles de pièces de ce type, sont à trouver parmi les orfèvres du Roi – Soleil .

Frédéric Happel – Patricia Delandines

 

 

Bibliographie:

Marjatta Taburet
la faïence de Nevers

Glace de cheminée de la bibliothèque de la Vicomtesse de Breteuil au château des Tuileries en 1784 par, Claude de la Roue.

             Dimensions : 58,5 X 47,5 cm
Glace de forme rectangulaire en noyer a motifs de rais de cœur et perles

Un numéro d’inventaire N°520 tracé a l’encre et apposé de manière appliquée, derrière le bâti de cette glace, et la belle dorure en partie subsistante, éveilla la curiosité d’une possible origine royale.

Le mémoire du menuisier François II Foliot de l’ordre n°520 du 5 septembre 1784, indique le mobilier livré pour les appartements de la Vicomtesse de Breteuil aux Tuileries.

L’inventaire des meubles du Château des Tuileries en 1786 – 1787 indique qu’une glace de cheminée placée dans sa bibliothèque ont les dimensions suivantes: de (40 pouces sur 34 pouces) elles sont similaires a notre glace. Le mémoire de Claude de la Roüe miroitier et lustrier ordinaire du Garde Meuble de la Couronne, indique pour le premier semestre de 1784, que le service de Madame Élisabeth, a reçue de l’ordre N°526 le 9 septembre, 4 miroirs a bordure de noyer, l’ordre N°529 le 20 avril 1784 pour le commissaire général six miroirs idem, pour les services du Garde Meuble de l’ordre N°336 le 17 juillet, remplacements de plusieurs miroirs certains avec leurs numéros, d’autres sans numéros, leurs dimensions de 12 pouces sur 10 et demi des numéros:472.500.

Curieusement le mémoire de Claude de la Roüe en 1784, ne signal aucune trace de l’ordre N°520 concernant cette glace, seul les inventaires du Château des Tuileries des années 1786 a 1788, laisse supposer qu’il s’agit bien de la même glace, les dimensions identiques, ainsi que le numéro de l’ordre N°520 apposé sur le bâti de cette glace, qui correspond bien a un meuble livré, pour la vicomtesse de Breteuil en 1784,et laisse raisonnablement conclure, qu’il s’agit probablement bien, de la glace placée dans sa bibliothèque au château des Tuileries.

Frédéric Happel – Patricia Delandines

 

 

Archives nationales:
série 01:
01.34.15 inventaire des meubles du château des tuileries
en 1786 – 1787
01.34.21 estimation des meubles du château des tuileries
en 1788
01.34.22 autre état d’estimation 1788
01.36.31 mémoire des fournisseurs deuxième semestre de 1784

Bibliographie:
Pierre Verlet
le mobilier royal français – Tome III
les marques du mobilier royal français pages 255-258
les Éditions Picard 1994.

Bergère pour la chambre de la comtesse D’ossun à Versailles par, Jean-Baptiste Boulard 1786.

 

 

Cette bergère de Jean-Baptiste Boulard (Paris, 1725-1789) fait penser par la richesse de sa sculpture et de son ampleur à une origine royale. Boulard avait une prédilection pour les sièges amples.

Cette bergère ne porte aucune estampille, et il n’y est visible aucune étiquette. Le mémoire des fournisseurs de la couronne, nous indiquera ses caractéristiques. Cette grande bergère d’une paire était destinée à la comtesse d’Ossun, dame d’atours de la Reine Marie-Antoinette, et attachée à son service depuis 1781.

Pierre Verlet, dans son ouvrage sur le Mobilier Royal, soulignait que les bois du temps de Louis XVI, tout au moins les plus riches, sont reconnaissables à coup sûr par les mémoires détaillés des sculpteurs, et les étiquettes des peintres, conservés aux archives nationales.

Voyons l’ordre de Jean Hauré, directeur des travaux de menuiserie, au Garde Meuble Royal:

Ordre N°66: fournira faire la sculpture aux deux canapés du meuble, de madame la comtesse daussun à Versailles. La sculpture doit être faite à rubans tournants et piastres sur les consoles avec feuilles d’acanthe.
Le meuble neuf sera exécuté par Jean-Baptiste Boulard, fournisseur de la couronne depuis 1777.
Son mémoire:premier semestre 1786, ordre du 20 février, N°51, pour le service de Madame d’ossun:
2 canapés en ottomanes à trois dossiers et à moulure
4 chaises en forme de voyeuse, pied à guesne et à moulure
6 chaises à la reine, pied à guesne et à moulure
6 fauteuils pareils (pour la chambre à coucher
Une couchette à 2 dossiers cintrés, pieds à guesne et à moulure
Une grande impériale à la choisy
2 tête à tête (les bergères) de 32 pouces de large, à carreaux, pieds à guesne et à moulure
4 fauteuils à carreaux – 4 chaises pour être garnies
La sculpture sera traitée par Nicolas Vallois, collaborateur habituel de Boulard, et sculpteur attaché au service du Garde Meuble Royal.

Mémoire de Hauré, deuxième semestre 1786, ordre du 4 mars, N°66, Versailles, pour le service de Madame la comtesse d’ossun
Vallois pour la sculpture de 2 canapés à rubans tournants, les cocardes aussi en rubans sur les cintres feuilles d’acanthe.

Le mémoire du peintre Louis-François Chatard, qui a peint en blanc verni l’ensemble, précise la sculpture du meuble pour le service de Madame d’Ossun.
Son mémoire, semestre de 1786, ordre du 4 mars N°66
Livrée la peinture en blanc verni de
1 lit à deux dossiers impérial à la choisy
2 tête à tête – 4 fauteuils – 4 chaises
Livrer la dorure d’or brunie de deux canapés ornés de rubans tournants et piastres sur les consoles avec feuilles d’acanthe (l’autre en tout pareil)

Chatard précise que la sculpture est identique concernant les autres éléments du meuble, le reste du meuble constitué de 18 éléments est inscrit dans son mémoire ordre du 20 février N°51.

Ordre N°51
Jean Baptiste Séné exécutera pour la salle de billard de Madame Daussun à Versailles, 2 banquettes avec un marche pied.
Le tapissier Claude François Capin indique dans son mémoire ordre N°51: 2 bergères en tête à tête à carreaux, les plates formes piquées à l’anglaise, joue fermé couvert de damas jaune orné de clous dorés et galons de mesure aux carreaux.

Le registre des meubles reçu nous donne l’arrivée de l’ensemble à Versailles. Les 2 bergères seront placées dans la chambre des appartements de la Comtesse D’ossun, dans le bâtiment dit “vieille aile” donnant sur la Cour Royale.

L’inventaire de 1788 (estimation des meubles de la famille royale au château de Versailles) indique dans la chambre 2 grandes bergères à carreaux couverts de damas jaune. Un autre inventaire dressé en 1790 signale encore la présence des deux bergères dans la chambre à coucher de Madame d’Ossun.

Les deux bergères encore en place au Château de Versailles en 1793 seront dispersées dans les ventes du Mobilier de la Couronne, organisées par la République. Cette Bergère présentée ici semble être le seul élément subsistant de cette importante commande.

Les recherches effectuées sur ce siège ont permis de comprendre son origine par la sculpture dont il est pourvu, la sculpture des accotoirs ainsi que des consoles concernant cette bergère, est similaire avec un tabouret à trois dossiers exécuté par Jean-Baptiste Séné et sculpté par Nicolas Vallois, livrée au château de Saint-Cloud en 1788, pour le service du roi, salon de la félicité, on retrouve les mêmes motifs d’ornement aux accotoirs avec feuilles d’acanthe et piastres aux consoles.

Cette bergère très représentative du style Louis XVI, nous laisse une parfaite représentation et illustre la formidable façon dont traitaient les menuisiers et sculpteurs les sièges destinées à la Cour de France.

Frédéric Happel – Patricia Delandines

 

Cette bergère a reçu une autorisation de sortie du territoire par la direction des musées de France

 

Archives Nationales: série o1/32/88 ordre de Hauré-36/38 mémoire de hauré, boulard, chatard.

36/40 mémoire de capin- 35/70 registre des meubles reçu du garde meuble pour madame d’ossun à versailles. 34/80 état des meubles prêtés du garde meuble de la couronne à madame la comtesse d’ossun en 1788- 34/77 inventaire des meubles de madame d’ossun au château de versailles en 1790- 34/65 états d’estimation des meubles de la famille royale au château de versailles- madame d’ossun en 1788.

 

Bibliographie: Patricia Lemmonier, Jean-Baptiste Boulard menuisiers en sièges l’estampille l’objet d’art n° 239 septembre 1990.

Sebastien Boudry, Chatard peintre doreur du garde meuble l’estampille l’objet d’art n° 387 janvier 2004.

Pierre Verlet, le mobilier royal français édition picard 1990.

Pierre Kjellberg, le mobilier français du XVIII siècle dictionnaire des ébénistes et des menuisiers les éditions de l’amateur 2002.

 

 

 

 

 

Le Garde Meuble de la Couronne

Marc-Antoine-Thierry de ville D’avray Intendant du Garde-Meuble de 1784 a 1792.

Le Garde Meuble était le Service chargé de fournir les meubles nécessaires aux palais royaux et d’assurer leur entretien et leur transport d’un palais à l’autre. A partir du règne de Louis XIV et toujours depuis lors, il devait aussi tenir un inventaire de tout le mobilier appartenant à la Couronne, consigner ses déplacements d’un palais à l ‘autre, voire d’une pièce à l ‘autre. Il disposait d’un personnel important. Pendant le règne de Louis XVI sa direction était installé place Louis-XV (aujourd’hui place de la Concorde) dans celui des deux grands édifices construits par Jacques Ange Gabriel, situé le plus à l’est de la place, et qui est maintenant affecté au Ministère de la Marine.

Chacun des Palais royaux disposait en outre d’un personnel d’entretien dont l’importance était très variable. C’est ainsi qu’a Versailles, par exemple, il atteignait un nombre considérable alors qu’un seul agent était jugé suffisant pour des châteaux rarement habités comme St-Germain ou la Muette.

Le chef du service, l ‘Intendant et le contrôleur général des meubles de la Couronne était chargé de commander les meubles neufs destinés à la Couronne et comme celle-ci était de loin le plus important et le plus riche client de tout le commerce du meuble, le contrôleur général était en mesure d ‘exercer une influence considérable sur le goût du jour. Sous Louis XVI, les deux intendants qui se succédèrent étaient bien qualifiés pour cela. Pierre Elizabeth de Fontanieu fut intendant de 1767 à 1783. Bien qu’il fût de naissance noble et eût été élevé dans le luxe, il avait, chose étonnante, toutes les connaissances techniques voulues pour occuper un poste semblable.

Il fit paraître une collection de dessins gravés pour vases, un ouvrage sur la production des bijoux en strass et au besoin, il alliait la pratique à la théorie. Non seulement, il avait appris l’élégant métier de tourneur sur ivoire, mais ce serait lui, parait – il, qui aurait été l ‘auteur d’une petite table à ouvrage en acajou, aujourd’hui au louvre et qu’il avait offerte à Marie-Antoinette. En 1783, il vendit sa charge que sa famille avait tenue pendant trois générations à Thierry de Ville D’avray, qui occupa le poste jusqu’à la révolution.

Ce dernier, moins qualifié que son prédécesseur au point de vue technique, n’en fut pas moins un administrateur remarquable et il réorganisa le système des inventaires du mobilier royal de telle façon que nous disposons aujourd’hui de quantité de renseignement sur les meubles ayant survécu et qui furent faits pendant la durée de ses fonctions.

C’était le rôle de l ‘Intendant que de prendre les ordres de la Famille Royale lorsque quelque nouveau meuble d’importance était nécessaire et il devait aussi en surveiller l’éxécution.

Généralement l ‘Intendant soumettait les dessins ou les maquettes à Louis XV ou à son successeur, aussi bien qu’à Mme Du Barry, à Marie-Antoinette et à quelques autres afin d’obtenir leur accord avant que le travail ne fût commencé.

Un intendant un peu diplomate était donc bien placé pour orienter le goût du souverain et il était vraiment capable d’imposer ses propres goûts à tous ceux autour de lui qui faisait la mode et de qui dépendait le goût du jour. Fontanieu s’acquitta de cette tâche d’une manière très habile. IL eut la responsabilité d’orienter le goût de la Cour pendant cette période qui vit le passage du style Louis XV au style Louis XVI.C’est alors qu’il était en fonction que la Couronne engagea les plus fortes dépenses qu’elle ait jamais faites en mobilier, et c’est lui qui fit donner à Riesner à l ‘époque où sa vogue était la plus grande, la majeur partie de ses plus importantes commandes Royales. Son successeur étant entré en fonction à la veille d’une crise financière qui obligea de faire des économies dans son service, eut probablement les coudées moins franches.

Pendant la période où Fontanieu était encore en place, il nomma Gondouin dessinateur en meubles auprès du Garde-Meuble à Paris où l ‘on employait aussi, de façon permanente,un mécanicien et un armurier. Cependant la plupart des meubles n’en étaient pas moins exécutés par des artisans dans leurs propres ateliers, seul Oeben, en sa qualité d’ébéniste du Roi, bénéficiait d’un atelier mis à sa disposition par la Couronne, d’abord à la Manufacture des Gobelins, ensuite à l ‘Arsenal, atelier où Riesener lui succéda.

Sous l ‘administration de Ville D’avray, un rôle important fut confié au sculpteur sur bois Jean Hauré. IL avait été chargé de contrôler les fournitures de meubles à la Couronne et en complète collaboration avec l’ébéniste Guillaume Beneman, il exerça sans aucun doute une influence considérable sur le goût au cours de la dernière période Louis XVI.

Les inventaires du mobilier royal soigneusement tenus à jour par les Intendants ont fourni à la postérité une telle richesse de renseignements sur chacun des meubles parvenus jusqu’à nous qu’il convient d’en parler plus en détail. Au moment de sa livraison chaque pièce du mobilier royal était couchée sur le livre d’inventaire approprié et on lui donnait un numéro. Ce numéro était peint ou quelquefois marqué au fer sur le meuble lui -même temps une marque indicative de la demeure royale à laquelle il était destiné (par exemple F. pour Fontainebleau, S.C pour St cloud ou C.T. pour château du Trianon, le tout surmonté d’une couronne fermée.

Pour les sièges et les meubles plus fragiles, le numéro était quelquefois inscrit sur une étiquette collé au bois du siège ou sur le bâti du meuble. Partout où l ‘on rencontrera ces marques de château et ces numéros, il suffira de se reporter aux inventaires manuscrits qui existent encore( soit au journal du Garde – Meuble à Paris où les renseignements étaient centralisés, soit aux inventaires secondaires tenus pour chaque palais) pour connaître le nom du fabricant, date de livraison, etc…..

L’administration de Thierry de Ville d ‘Avray avait pris ses dispositions pour que les commandes de meubles fussent toujours accompagnées des comptes détaillés et de tous les renseignements particuliers ayant trait à la livraison des meubles terminés.

Aussi pendant cette période d’activité du Garde Meuble y trouve- t – on une foule de renseignements supplémentaires tels que les noms des sculpteurs-doreurs, et des tapissiers employés et le détail des sommes payées à chacun d’eux. De plus les inventaires permettent de suivre tous les déplacements d’un meuble, dans l ‘orbite des palais royaux, ce qui de temps à autre nous fournit des indications intéressantes sur l’évolution du goût.

J.B.WATSON

 

Fauteuils pour le cabinet d’étude du Duc de Normandie à Versailles 1785 par, Georges Jacob

La naissance de l’enfant royal causa la mobilisation du Garde-Meuble de la Couronne. L’ordre n°86 en date du 16 mars 1786, indique à Louis-François Chatard peintre et doreur du Garde-Meuble qu’il faudra presser cet ordre. l’Effervescence était à son comble, Jean Hauré directeur des travaux de menuiserie, chargea Jean-Baptiste Boulard, de l’exécution de plusieurs chaises et lits pour l’appartement du prince.Un berceau, deux bois de fauteuils, plusieurs chaises et châssis de paravents, trois bois d’écrans deux lits a colonnes. Un autre mobilier avait précédé ce dernier, pour la naissance du Duc de Normandie, le 22 mars 1785, Boulard avait déjà livré pour la chambre de la Reine,un meuble composé de deux bergères et six fauteuils moulurés, sculptés de feuille d’acanthe.Un autre meuble exécuté peu avant l’ordre n°86, passé plus inaperçu refait surface aujourd’hui. Un meuble de damas vert qui n’apparaît pas dans les feuillets officiels du Garde-Meuble,mais parfaitement décrit dans les différents inventaires, du château à partir de 1787 et 1788. Une commande passée probablement par le Garde-Meuble de la Reine, malheureusement  cet inventaire à disparu en 1792. Concernant ses deux fauteuils du n° 4534, l’auteur est Georges Jacob, l’inventaire des meubles du château de Versailles et dehors en 1788, indique avec exactitude les sièges dans le cabinet d’étude du Duc de Normandie, situé au rez de chaussée de l’aile des princes, dit aussi aile du midi.

Sa description:

Un meuble de damas vert bois sculptés à moulures et cannelures unies peint en blanc cloués de clous doré, deux bergères, huit fauteuils (a carreaux ), douze chaises.

Il n’est pas inscrit que les sièges sont de forme carré. Ses modèles de fauteuils sont similaires au mobilier livré par Jacob pour la chambre dite” du treillage” de la Reine à Trianon, dit mobilier “aux épis” des fauteuils particulièrement somptueux par leur sculpture. Georges Jacob par la hardiesse de ses créations lui mérita la faveur de la Reine qui aimait les nouveautés singulières, Jacob exécutera pour elle, une quantité d’ouvrages dans le goût allégorique du temps. Pour le meuble du prince, il est probable que Marie-Antoinette ai voulu ce modèle de forme nouvelle aussi pour son fils, assisté de Charles Bonnefoy du Plan son garde-meuble qui gérait le mobilier de la Reine, dans ses différents appartements et, qui transmettait ses ordres. Sur l’inventaire de 1785, le garde meuble Guillard note que les sièges sont aux magasins, en 1787 il est écrit sur l’inventaire en marge que le meuble est neuf en 1786. Le damas vert de ses deux sièges, semble identique aux fauteuils du premier Dauphin qui reçu également un damas rayé vert et blanc, livré par Jean-Baptiste Boulard ordre n°74 du 14 mars 1787, le journal du Garde-Meuble précise ( pour le service de monseigneur le dauphin à versailles) de la satinade rayé vert et blanc. Ses deux fauteuils présentent un état de conservation remarquable, la tapisserie rayé de vert et de blanc est parfaite, les clous sont quasiment tous encore en place,certainement couvert par Claude-François Capin et, peint par Louis-François Chatard, tous deux attachés au service du Garde-Meuble. A la mort du premier Dauphin survenue le 4 juin 1789, le Duc de Normandie et sa sœur Madame Royale quitteront l’aile des princes, et seront logés dans les anciens appartements des Dauphins, pour peu de temps, Louis XVI et Marie-Antoinette contraints de quitter Versailles pour le palais des Tuileries à Paris. Les fauteuils sont-ils restés dans le cabinet d’étude du prince ou, alors replacés dans les magasins du Garde-Meuble? ce qui est sure, ses deux fauteuils ont bien été vendu par la Convention, dans les ventes du mobilier du château de Versailles en 1793. Ses deux Fauteuils démontrent toute la maîtrise de Georges Jacob, considéré au début des années 1780, comme le précurseur du style louis XVI. Les cannelures sur les colonnes qui entourent les dossiers, ainsi que sur leurs pieds fuselés, les balustres également cannelés qui supportent les accotoirs démontre un parfait exemple d’équilibre et de perfection, ce type de siège représente de façon exemplaire, le style Louis XVI arrivé à son apogée.

Frédéric Happel – Patricia Delandines

 

Archives Nationales:

Inventaires générale des meubles du château et dehors de versailles

01/34/63 1788 – 01/34/61 1785 – 01/34/69 1786-1787

 

Table à écrire en laque de chine pour la chambre de la Comtesse de Mailly au Château de Choisy par, Hebert et Criaerd 1742

 

 

Mathieu Criaerd, 1689 – 1770.

Cette table à écrire en laque est la seule à être entrée au Garde-Meuble de la Couronne munie d’un plateau en laque, ce meuble extraordinaire fut livré pour la chambre bleu de Mademoiselle de Mailly au Château de Choisy.
l’Acquisition du Château par Louis XV en 1739, au moment de son idylle avec la favorite, le Roi fit exécuter de nombreux travaux pour la décoration des appartements, ainsi que d’importante commande de meubles en laque de la chine.
Des 1740, des meubles exceptionnels seront livrés à la Couronne par les marchands merciers les plus réputés, Claude-Antoine Julliot, Lazare Duvaux et, Thomas- Joachim Hébert, ce dernier livrera une grande partie du mobilier en laque noir, destiné à Mademoiselle de Mailly à Choisy, avant la création de son ensemble de meubles bleu et blanc conservé en partie au Musée du Louvre.
Une commode en vernis Martin N° 1290 et une encoignure N° 1294.
Le mobilier de Mademoiselle de Mailly à Choisy, a été essentiellement exécuté par l’ébéniste Mathieu Criaerd ( 1689 – 1776 ) sous la direction de Hébert. Criaerd créa ce mobilier en laque, probablement en collaboration avec les frères Martin.
l’aîné Guillaume, premier vernisseur du Roi de 1730 à 1749, reçoit le privilège royal de ” fabriquer, faire vendre et débiter toutes sortes d’ouvrages en relief de sa composition dans le goût du japon et de la chine”.
Deux de ses frères, Étienne -Simon et Robert, portent également le titre de vernisseur du Roi.

Hébert fournit le 28 juin 1742 pour les appartements de Mademoiselle de Mailly, une encoignure N° 1282 de vernis de la chine fond noir, accompagnée d’une table à écrire portant le N° 1281 sa description:
Une table à écrire de lac de la chine fond noir, fermant a clef avec charnières portant entrées de serrures de cuivre doré le dessus est ornée d’un port de mer et vaisseaux doré portée sur quatre pieds de biche a chausson de bronze en couleur le dessus s’ouvre par un secret et est couvert de maroquin noir a droite est un compartiment garni d’encrier et boëte a pains de cuivre argenté en dedans.
Longue de vingt sept pouces sur dix sept pouces de large et vingt six pouces de haut. a Choisy

Cette livraison fut accompagnée d’un important groupe de porcelaines des Indes, bleu et blanches, certaines pièces agrémentées d’une garniture de bronze doré qui, semble inaugurer l’ensemble de meubles exécutés par Criaerd de même couleur, dont la livraison s’échelonna d’octobre 1742 à janvier 1743.
La chambre de la favorite reçut en 1742 un décor particulièrement élaboré, Mademoiselle de Mailly ayant offert au Roi de la soie qu’elle avait filée, Louis XV en fit tisser galamment une étoffe de moire à raies bleus et blanches qui fut affectée à cette chambre et, qui en détermina la partie décorative.
La chambre fut peinte en bleu et blanc, le tapissier Sallior et le marchand Hébert, furent chargés respectivement d’exécuter le mobilier de menuiserie et le mobilier d’ébénisterie, l’un et l’autre bleu et blanc.
Le 18 juin 1742, Sallior livrait pour la chambre et le cabinet de Mademoiselle de Mailly, l’ameublement en moire qui comportait une tenture murale en quatre pièces, trois portières, quatre rideaux de fenêtres, le lit, un paravent et quinze sièges les bois de ses derniers étaient peints en bleu et blanc.

La décision de décorer la chambre de moire bleu et blanche semblait avoir été prise peu avant mars 1742, date de la livraison de cette étoffe, qui fut tendue sur l’ameublement livré au mois de juin par le tapissier Sallior.
Pierre Verlet en retrouva l’origine dans les mémoires du duc de Luynes:” Au premier étage, immédiatement au dessus de la chambre ou le Roi couche, est la chambre qu’occupait Mme de Mailly et que l’on appelle la chambre bleu, parce que de la soie qu’avait filée Mme de mailly et qu’elle avait donnée au Roi S.M. en avoit fait faire un lit de moire bleu et blanche, avec la tapisserie et les sièges de même, et que pour assortir à ce meuble, toute la chambre jusqu’à la corniche a été peinte en bleu et blanc.

Concernant la table à écrire de laque noir, l’inventaire du Château de Choisy en 1764, décrit cette table encore en place dans la chambre: N° 1281 ” une table à écrire de laque de la chine fond noir ” située à côté de l’encoignure en vernis de la chine fond noir N° 1282.
En janvier 1786 l’inventaire de l’état des meubles renvoyés du Château de Choisy au Garde-Meuble de la Couronne, il est inscrit une table à écrire en laque, cette table de laque fut entreposée au Garde-Meuble à Paris Place Louis XV .
Il semblerait quelle soit restée enfouie, dans les magasins du Garde-Meuble un certains temps .
Cette table à écrire en laque est à ce jour, le seul élément subsistant concernant le mobilier en laque noir livré pour, Mademoiselle de Mailly à Choisy.

Frédéric Happel – Patricia Delandines

 

Archives Nationales:

série 01
inventaire:
01 33 44 – inventaire général du mobilier de la couronne
01 33 13 – journal du Garde-Meuble année 1742
01 33 80 – inventaire du château de choisy année 1764
01 34 94 – château divers renvois de meubles

Bibliographie:
Pierre Verlet
le mobilier royal français tome 1 éditions Picard 1990

Thibaud Wolvesperges
le meuble français en laque au XVIII siècle
page 329 les livraisons de meuble en laque à louis XV
éditions racine 2000

Le mobilier du Musée du Louvre
tome 1 D. Alcouffe . A-Dion-Tenenbaum. Amaury Lefebure.
Editions Faton 1993

Pierre Kjellberg
dictionnaire du mobilier XVIII siècle
les éditions de l’amateur 2002

 

 

Table à jeu pour le salon des jeux du Roi à Versailles par, Jean-Henri Riesener 1774

 

 

Jean-Henri Riesener, Gladbeck 1734 – Paris 1806.
Le décor actuel du salon des jeux à Versailles date de 1775, Louis XVI en avait fait en 1774, son Salon des jeux destiné à remplacer le salon des jeux de Louis XV, qu’il transforma en bibliothèque. Auparavant ce salon était le cabinet des Curiosités et des raretés, de Louis XIV, puis en 1753 une Antichambre pour Madame Adélaïde et, en 1769 une salle à manger pour les dames.
L’inventaire de Versailles de 1776, nous indique le mobilier du Salon des jeux, Louis XVI y avait fait placer les tables à jeux N°4257 en merisier, livrées par Gilles Joubert en 1769, pour le salon des Jeux de Louis XV, ainsi que les chaises N°4254 exécutées par les Foliot couverte de damas fond cramoisi vert blanc et jaune, livrée par Capin et destiné aux nouvelles pièces des appartements intérieur du Roi, pour son Salon de Compagnie, ses chaises seront remplacées par de nouveau modèle dessiné par Gondouin, et exécutée par les Foliot.
N° 2807 les quatre encoignures de marqueterie livrées par Riesener en 1775, ont retrouvées, leur emplacement d’origine.
L’inventaire de 1785, nous indique le nouveau meuble de Louis XVI, les chaises richement sculptées N°4425 exécutées en 1774, par les Foliot pour le cabinet des jeux, dit pièce de la pendule et cabinet intérieur, jugé démodé seront remplacés en 1785, par des chaises sculptées, de pure style Louis XVI couvertes de soierie en damas cramoisi et or, N°133 livrées par Jean-Baptiste Boulard, plusieurs de ses chaises, ont retrouvées également leur place dans le salon des jeux.
Enfin n°4400 six tables, n°4257 deux tables de cadrilles et, une sans numéro sûrement celle présenté ici , cette table à jeu en acajou moucheté d’une harmonie parfaite dans ses proportions, et muni d’un long parchemin collé au dessous du bâti, nous indiquera sa date et son illustre origine, ne portant aucune estampille cette table faisait partie d’une nouvelle catégorie de meuble de Riesener, celle des oeuvres qu’il s’est dispensé d’estampiller,comme le lui permettait son privilège d’ébéniste du Roi.

Du 21 ( septembre 1774 ). Riezener pour servir dans le salon des jeux du roy a versailles six tables de quadrilles en bois d’acajou massif le dessus pliant en deux les pieds a coulisse couverte en plein de velours vert.

Le mémoire de Riesener:
ordre du 24 9br Livré le 7 et le 15 Xbre pour le service du garde meuble du roy au chateau de versailles. pour la salle de jeux six tables de cadrilles en bois des ÿndes les pieds en forme des guëne ajusté en coulifse, le dessus ploÿant et couvert en plin, du velour vert qui ma été fourni, le tous d’accajoux masif et bien moucheté le plus beau choisy pour ce 168 chacune valent le six la somme de 1008 L.

l’inventaire et estimation des meubles au Château de Versailles en 1785, est précis concernant cette table, il est noté par le service du Garde-Meuble seulement trois tables de Cadrilles en acajou moucheté a la place des sept inscrite sur l’inventaire de 1776: Trois tables de Cadrilles pliante de bois des Yndes en acajou moucheté couvertes de velours vert, ornées de Chaussons de Bronze en couleur d’or de 3 pieds 8 pouces en quarré sur 28 pouces de haut a 100 L………. 300.
Les dimensions sont indiqués, ainsi que l’estimation fait par le service.
Le tapissier ordinaire du Garde-Meuble, Claude-François Capin qui fourni le velours vert à Riesener, au N° 4400 du journal du Garde-Meuble, les dimensions en pouces des six tables sont annoté par Capin : Pour le Service du Roy au château de Versailles: Six tables de quadrilles pliantes de bois d’acajou couverte de velours vert ornée de sabots de cuivre en couleur, de 32 pouces en quarré et 28 pouces de haut.

Au cour du premier semestre de l’année 1775, Riesener fournira pour le service du Garde-Meuble du Roi, trois autres tables de quadrilles en acajou, Riesener dans son mémoire ne les décrits pas en acajou moucheté, il semble qu’elles aient été livrées en acajou unie.

Ordre du 18 février:
Livré le 13 mars pour le service du garde-meuble du Roy trois tables de jeux dont deux de quadrilles, en bois des ÿndes d’accajoux masif, garni de velour qui ma été fourni,orné de sabots de cuivre en couleur d’or, les dessus ployante en deux partys les pied ajusté en coulisse pour le soutenir, pour ce 148 chacune valent les deux, la somme de……..296 une de Brelan ronde de même bois, des ÿndes d’acajou masif, avec une cage dans le milieu, pour posé les chandeliers, Le pied ajusté en coulisse pour soutenir le dessus orné de sabot de cuivre, en couleur d’or, Pour la somme de………192

Ordre du 26 avril:
Livré le 11 mai pour le service du garde meuble de la couronne une table de quadrille et deux tables de try en bois des indes d’acajou massif couvert de velour vert qui ma été fourni le dessus pliant en deux parties les pieds ajusté en coulisse pour le soutenir pour ce 145 livré chacune valent les trois la somme de…..435.
On compte en touts neuf tables livrées par Riesener pour le Salon des jeux du Roi, il faut noter qu’un certain nombre de ses tables soient restés en réserve au Garde-Meuble, et placé par le service , l’or des grandes soirées de jeux donnés par le Roi, pour ses invités à Versailles.

Riesener indique dans son mémoire concernant une autre table ronde de ( Brelan ) en acajou moucheté, livrée en mai 1775 pour le salon des jeux à Versailles que ses traverses sont (environné des petites moulures pour former des panneaux). Notre table est également décoré des moulures dans les traverses, avec ses baguettes de cuivre, conçernant toutes ses tables à jeux d’acajou, il semblerait bien que Riesener les aient toutes exécutées avec ses moulures, ornés de leur baguette de cuivre.

L’inventaire Général des Meubles de la famille Royale en 1792 décrit encore en place trois tables de cadrilles pliantes de bois des indes en acajou moucheté couvertes de velour vert les pieds ornés de chausson de bronze en couleur d’or de 3p et 8p en quarré sur 28 p de haut à 100 …….300….

Cette table à jeu n’échappera pas à l’encan, les ventes révolutionnaires disperseront en grande partie le mobilier de la Couronne, de septembre 1793 a août 1794 la liste des ventes décrit de façon sommaire des tables de quadrille en acajou, et parfois sans faire mention des bois, nous décrivons certain numéro qui se rapproche de notre table. Au numéro 2383 venant du Garde-Meuble une table à quadrille couverte de velours vert de l’art adjugé pour quatre vingt cinq livres au citoyen Chauffour, au numéro 3469 une table similaire adjugé pour quarante livres au citoyen Colignon. Au numéro 3488 une table à quadrille en bois d’acajou garnie de velour vert, adjugé pour trente huit livres au citoyen Lesueur, au numéro 3508 une autre table, en acajou identique aux précèdentes adjugée, pour soixante livres au citoyen Gillet.

Frédéric Happel – Patricia Delandines

Archives Nationales:
série 01:
01 32-84 ordre du Garde-Meuble.
01 33-19 le journal du Garde-Meuble de la Couronne.
01 36-24 mémoire de Riesener.
01 34-57 inventaire des meubles et estimation du château de Versailles en 1776.
01 34-61 inventaire des meubles et estimation du château de Versailles 1785.
01 34-63 inventaire général des meubles du château de Versailles en 1788.
01 33-55 inventaire général des meubles de la famille Royale en 1792.
Archives départementales des Yvelines II Q 70-71

Bibliographie:
Comte François de Salverte
Les ébéniste du XVIII siècle – édition F. de Nobel Paris 1962

Pierre Verlet
Le mobilier Royal Français
Edition Picard – 1990

Pierre Kjellberg
Le mobilier Français du moyen age à nos jours
Les éditions de l’amateur – 1991

Table à écrire pour les pavillons du Château de Marly par, François II Potain, 1729

François II Potain, Paris 1688 – vers 1770 .

 

Cette table à écrire de noyer à fait partie d’une commande de huit tables, pour les pavillons de Marly. Le journal du Garde-Meuble de Couronne nous en donne, la description de la façon suivante: ( du  17 juin N° 975 livré par le Sieur Potain menuisier pour servir dans les pavillons de marly) .

Huit tables a écrire de noyer plein ayant un tiroir a bouton par un bout, portée sur quatre pieds de biche de meme bois, longue de trente pouces, sur vingt de large, et vingt cinq de haut.

Une bande de parchemin collée dans le fond du tiroir permis, d’identifier cette table comme de provenance Royale, ce parchemin a été sans doute apposé, lors de l’inventaire du Château de Marly en 1788, la description de cette table ainsi que ses dimensions sont identiques , au huit tables inscrites au numéro 975 du journal du Garde-Meuble de l’année 1729. Concernant le placement de notre table en noyer, l’inventaire et estimation des meubles au Château de Marly en 1788, mentionne plusieurs tables à écrire, dans les chambres de cinq pavillons coté droit, près des huit commodes en noyer pourvu de leurs marbres numéro 976, livrée également le 17 juin 1729 par, Antoine-Robert Gaudreaus. Les chambres des pavillons étaient situées au ré de chaussé, et à l’étage, cette table occupait encore la chambre d’un pavillon, avant qu’un décret de la convention ordonne la vente des meubles du Château de Marly, au mois d’octobre 1793. François II Potain fournira avec son père François 1er Potain , un certain nombre de meubles à la Couronne, entré au service du Garde-Meuble vers 1728, probablement par l’entremise de Gaudreaus, François II Potain exécutera pour la chambre du Roi à Compiègne, deux bas d’armoires et, en 1733 une table en bois de chêne. Antoine-Robert gaudreaus devenu en 1726 le fournisseur officiel de la Couronne et, ne pouvant faire face à toutes les commandes, aurait fait passer commande à Potain, selon ses instructions les tables à écrire en noyer, Gaudreaus ayant probablement fourni au préalable, les dessins à François II Potain. De 1726 à 1746 un grand nombre de meubles en noyer, on été livrés au Garde-Meuble cela représentait une grande partie du travail de l’ébéniste , notre table à écrire est le fruit d’une collaboration entre Gaudreaus et Potain. Cette table à écrire est un témoignage rare, car peu de meubles de cette époque on été conservé, a ce jour notre table est considéré, comme le plus ancien meuble Royal pour le règne de Louis XV. cette table permet de découvrir le travail d’un menuisier resté longtemps oublié, aucun meuble de François II Potain n’était réapparu.

Historique:

François 1er Potain exerça son activité de menuisier à Paris dans le quartier, de Bonne-Nouvelle son atelier se situait rue poissonnière. Les comptes des bâtiments du Roi mentionne François 1er Potain comme menuisier fournisseur de la Couronne, il s’intitulait ” Menuisier du Roi “. Il exécuta pour le Château de Versailles différents travaux, en octobre 1715, il fournit pour l’appartement de Madame Desmarets six doubles châssis d’hiver, ainsi que douze chassis de paravents livrées à la manufacture des Gobelins en 1714. A partir de 1728 Potain père et fils, exécuteront des meubles pour la Couronne, sous la direction de Antoine-Robert Gaudreaus.

Archives Nationales: 01/33/10 journal du garde-meuble de la couronne 1721-1723- 01/33/36 inventaire général des meubles de la couronne-1729-01/33/44 inventaire général des meubles de la couronne-1775-01/34/02 inventaire des meubles du château de marly-1765 01/34/03 estimation des meubles du château de marly-1788.

Frédéric Happel – Patricia Delandines

 

Table à écrire de la première antichambre de Madame Elisabeth à Versailles par, David Roentgen 1774

David Roentgen,( 1743-1807 ) Actif à Neuwied de 1772 à 1795 Maître à Paris en 1780; ébéniste et mécanicien du Roi et de la Reine en 1785.

Cette table de marqueterie peut être avec certitude rapprochée d’une oeuvre de David Roentgen (1743-1807). Elle est à motifs de fleurs, et de rinceaux, il a été relevé sur cette table une signature avec un R gothique, la découverte en 1999 d’un parchemin collé à l’arrière du tiroir où était imprimé une couronne fermée, démontrera l’origine royale de cette table.

Ce type d’étiquette de papier, ou de parchemin étaient à la fin du règne de Louis XVI appliquées au fer chaud ou, le plus souvent au pochoir, elles pouvaient varier de taille selon les dimensions du meuble. Cette table de marqueterie est inscrite au n°122 de l’inventaire général du mobilier de la couronne, dressé en 1775, et située à Versailles, une si grande similitude avec la table inscrite sur l’inventaire, ainsi que ses dimensions, fait que le doute est à peine permis, elle est décrite de la façon suivante:

“Une table à tiroir de marqueterie à fleurs de bois de plusieurs couleurs sur fond d’ébène, à compartiment de bois, de violet profilé, de bois blanc ayant au milieu un vase de fleurs d’où sortent deux grands rinceaux, portée sur son pied de quatre piliers en guaine, de même marqueterie dorée haut et bas, longue de trois pieds deux pouces sur vingt-six pouces de large et vingt neuf à trente pouces de haut.”
A Versailles

Au mois d’août 1774, David Roentgen fit son premier voyage en France. Il vint y établir des contacts avec la Cour, que dans les années suivantes il renforça en livrant des meubles au Roi et à la Reine. Roentgen obtint le titre d’ébéniste mécanicien de la reine, Marie-Antoinette portant intérêt aux artistes de langue germanique lui accorda ce titre.

Cette table à écrire, arrivée à Versailles en août 1774, a certainement fait partie d’un convoi de meubles, acheminé par Roentgen, pour montrer ses productions à la Cour de France. Cette table de marqueterie a sans doute, parmi d’autres meubles, été offerte ou, peut être vendue au roi Louis XVI et, la reine Marie-Antoinette, depuis peu sur le trône de France.

“Comme le souligne Christian Baulez concernant David Roentgen, les achats de la Cour de France sont difficiles à cerner, car ils furent payés sur des cassettes privées, et jamais portés sur les inventaires officiels”.

Concernant la localisation de cette table dans le château, on la soupçonne placée dans l’aile du midi, dans la première antichambre des appartements de Madame Elisabeth, soeur du Roi.

Dans l’inventaire des meubles du Garde Meuble de la Couronne, existants à Versailles en 1776, il est inscrit de façon succinct dans la première antichambre (une table de bois blanc à tiroir). L’inventaire général du mobilier de la couronne mentionne une table de bois violet de “bois blanc”. On peut comparer cette description, avec une table de bois de rose) décrite également de façon succinct dans l’inventaire de 1776, et placée dans la chambre à coucher d’été de Madame Sophie à Versailles, et inscrit sous le N°1881 de l’inventaire général du mobilier de la couronne où elle est décrite de la façon suivante:

“Une table de bois de violet et bois de rose à placage, sans tiroir, chantournés et ornée de chutes, rosettes et pieds de bronze doré d’or moulu longue de trente quatre pouces sur vingt de large et vingt six de haut.”
A Versailles

La table de bois blanc à tiroir décrite succinctement dans la première antichambre de Madame Elisabeth, permet d’établir qu’il s’agit probablement de celle inscrite sous le N°122 de l’inventaire général du mobilier de la couronne.

L’inventaire des meubles du château par appartements en 1786 et 1787 mentionne à nouveau la table, pourtant l’inventaire général des meubles du château et de dehors, à Versailles en 1785, ne mentionne plus la table dans la première antichambre de Madame Elisabeth.

Il semble qu’elle ait été déplacée, après cette date, aucun inventaire ne fourni d’indication précise, cette table à tiroir de marqueterie aurait été placée dans le Garde Meuble de la Reine, où en effet y étaient placés de nombreux meubles, que la reine avait inscrits et radiés de l’inventaire Royal. Marie-Antoinette y faisait enregistrer principalement le mobilier commandé par elle, et dirigea ce département, assistée de Charles Bonnefoy-Duplan, son Garde Meuble et concierge de Trianon. Cet inventaire du Garde Meuble privé de Marie-Antoinette a disparu sous la Révolution.

Cette table à écrire a fait partie de la dispersion en masse du mobilier de la couronne à Versailles en 1793 et 1794. Les lots étaient décrits de façon sommaire, c’est la raison pour laquelle il est malaisé de relever certains d’entres eux avec exactitude. Cette table peut être assimilée au N°3496 vendu à l’encan le 27 janvier 1794: “une table à écrire en divers bois de rapport de l’art adjugée pour deux cent soixante livres au sieur Goret fils omis de Livrée chez Bonnefoy à Versailles”.

Frédéric Happel – Patricia Delandines

Cette table a reçue une autorisation de sortie du territoire par la direction des musées de France

 

Archives Nationales: série o1 – 33/34 inventaire général des meubles de la couronne tome troisième en 1775. 34/59 inventaire des meubles du garde meuble de la couronne existants à versailles en 1776. 34/61 inventaire des meubles du château par appartements à versailles en 1786-1787.