Georges Jacob Menuisier ordinaire de Monsieur comte de Provence et frère du Roi.

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Georges Jacob, Cheny 1739 – Paris 1814.

 

Natif de Bourgogne, de Cheny selon les uns; de Selongey selon les autres; formé chez Delanois, il y acquiert un certain goût, que dès dispositions déjà naturelles vont lui permettre de mettre en valeur. Jacob commence ses premières livraisons pour la Couronne en 1773, il est en particulier chargé d’entretenir les meubles boulle de Louis XIV. c’est ainsi que l’on retrouve son estampille sur des pièces qui lui sont antérieurs.

Mais son goût le pousse à la création de pièces de menuiserie hors du commun, que ce soient des sièges, des écrans, des consoles, …..tout ce qui peut être fait en bois massif passe entre ses mains. Il y a en lui un goût inné pour la création, une façon très particulière de concevoir les pièces, en devançant la mode plutôt qu’en la subissant; il fait preuve d’une fantaisie très brillante d’autant qu’il sculpte lui-même ses pièces. Il est à l’origine de nombre de perfectionnements dans le mobilier, et d’idées nouvelles: les plus importants sont les châssis circulaires et les pieds en console de ses oeuvres Transition.Il conçoit sans hésiter une production du plus pur style Louis XV et du plus beau Louis XVI en passant par un style Transition accompli.

C’est un des premiers en France, sinon le premier à utiliser l’acajou pour les sièges dont il invente le dossier gerbe de lyre. Très grande amatrice d’art et de luxe, Marie-Antoinette ne tarde pas à lui commander les plus belles pièces de mobilier qui aient jamais été livrées à Versailles. des lors les commandes royales affluent, du Comte d’Artois pour lequel il meuble le Palais du Temple,du Comte de Provence auquel il livre un mobilier dans le goût chinois.Dorénavant il travail avec les plus grands spécialistes: les sculpteurs Rode et Ramier, le tapissier Capin, le peintre doreur Aubert.

Condé lui demande plus tard d’embellir le Palais Bourbon et Chantilly, sa fille la princesse Louise, lui fait décorer son appartement parisien. Son talent est reconnu de tous,David le peintre, lui fait faire tout un ameublement évoquant les souvenirs grecs et romains.

Très habile politique, il n’est pas trop inquiété par la révolution; il se met naturellement à la disposition de la Convention, puis avec Percier et Fontaine il livre les stalles des sept cent soixante députés, les banquettes du public, les bureaux des secrétaires et les tribunes.Il va même jusqu’à livrer des crosses de fusil de très beau noyer à l’armée.

Sous la terreur il est protégé par David qui siège au comité de salut Public il n’est dons pas inquiété. Les temps étant plus cléments il se met au service du Directoire, de l’Empire puis il retrouve un ancien client devenu monarque, le Comte de Provence, auquel il livre des sièges et lits.

La variété, le nombre de ses pièces est énorme, presque incalculable. On a peine à croire qu’une telle quantité de meubles soit sortie d’un seul et même atelier.

 

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